La triste et anonyme vie d’un poulet

Il voulu bouger la tête et son long cou déplumé heurta une paroi dure et un froide. Sortir! Il aimerait pouvoir en n sortir de cette coquille qui devenait de plus en plus étroite. quel plaisir ce serait de pouvoir découvrir la tête de sa mère, la couleur de sa crête, la soie de ses plumes. Pouvoir en n gouter la douce chaleur sous les ailes réconfortantes de sa maman poule.

Encore un petit mouvement, un dernier coup de bec et la mince couche de calcaire cédera. Hop! voilà la lumière. Bizarre cette lumière, un peu trop vive, et quelle chaleur! Le poussin regarda autour de lui et au lieu de rencontrer l’image réconfortante d’une mère, devant ses petits yeux hagards grouillent un bon millier d’autres petits poussins et d’oeufs pas encore éclos. Comme il n’avait encore jamais rien connu il n’en fut pas effrayé, seul au fond de lui pointait la déception. Les poulets sont ils capable de ressentir de la déception? Le poussin ne sachant analyser ce qui lui arrivait, pris cela pour de la faim, se jeta goulument sur un amas maronnasse placé bien près de lui et picora jusqu’à satiété.

De jours en jours, et il n’en fallu pas beaucoup, le poussin devint poulet vu qu’il n’avait rien d’autre à faire que de passer son temps à picorer. D’un geste brusque deux mains l’arrachèrent à ce lieu et à ses compatriotes. Il se retrouva dans une immense salle toute en longueur quadrillée par de longs tuyaux d’où s ‘écoulait une substance jaunâtre à l’odeur peu alléchante. Mu par cet instinct qu’il avait connu à son éclosion, le poulet pris de panique se jeta sur la nourriture et rassasia sa peur. Ici la multitude de ses semblable l’annihilait, il n’était qu’un poulet de plus. Il se gava tant et si bien qu’un quinze jours il devint énorme.

Un matin que le soleil arriva à franchir les fenêtres de la grande salle, le poulet fut saisi à nouveau par deux mains rapides, peut être étais-ce les même que la dernière fois, peut être pas, mais qu’importe. On plaça le poulet sur une table métallique, il eut froid et pris cela pour de la faim, mais il n’y avait rien à manger, et clac plus rien. Le trou noir.

Je me promenais dans le supermarché, cherchant à remplir mon frigo pour la semaine. Au hasard ma main se porta sur un poulet enveloppé sous vide. Pourquoi? je n’en sais rien, peut être était il plus gros que les autres, j’aime bien le poulet au citron avec de petites pommes de terre au four. j’avais justement des invités jeudi prochain, et je n’avais pas envie de me casser la tête. Jeudi arriva mais sans mes amis. J’avais préparé mon poulet au four, il dorait doucement, la peau est plus croustillante quand il dore doucement. Le téléphone sonna, « un contretemps, tu comprends, on est désolés ». Je me retrouvais seule devant mon poulet, et prise de déception ma faim s’envola. La cuisson terminée je mis le plat au frigo, dommage il avait l’air à point. Je me dis que je le mangerai le lendemain. Vendredi je ne mangeais pas chez moi, et samedi j’étais invitée à passer un long week-end chez les amis qui m’avaient fait faux bond. Avant de partir je coupais l’électricité au compteur, et je sautais dans le taxi qui m’attendait au bas de chez moi.

Lorsque je revins le mardi, j’ouvris mon frigo et une odeur pestilentielle me sauta aux narines. J’avais oublié de laisser la porte du frigo ouverte, le poulet laissait apparaitre des taches verdâtres. Je s le nettoyage par le vide, et Hop direction la poubelle.

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