CV et autres

CV.VP*

Presque 50 ans et toujours ce même plaisir d’écrire, de sculpter, de peindre. Je ne sais pas enlever ça de ma vie, et n’en ai d’ailleurs aucune envie .

C’est quoi ce flux vers l’extérieur? c’est mon vivant.

Depuis que j’ai onze ans, une envie incontournable c’est imposée à moi: exister. Quelqu’un me demandait ce que je voulais être plus tard: « peintre ou kiné »c’est sorti si vite et de façon si spontanée de ma bouche que j’ai eut l’impression de ne même pas avoir eut le temps de le réfléchir, et cette envie ne m’a jamais quittée.

La part de kiné je l’ai explorée avec mon corps, et cela dure encore. La part du peintre s’est étoffée, par mon gout des images, ces images traduisent mes pensées. Parfois je n’ai pas la pensée en premier, et c’est parfois l’image qui me révèle la pensée. Ce qui se goutte dans ces cas là c’est l’espace entre, entre l’image et la pensée. Voilà ce qui m’anime.

Quand j’ai fait des études…  je voulais explorer l’histoire de l’art mes parents n’en avaient pas les moyens, alors j’ai choisi la matière à la place de l’esprit: je suis devenue de tailleur de pierre. Il fallait que je me confronte, et peut-être fallait-il à l’époque que cela soit fort, la pierre dans sa limitation de matière m’a posée en face et fait résonance à ma volonté d’exister. J’ai alors appris que je savais lutter pour être moi.

Puis je me suis apporté un peu plus de gentillesse et suis allé voir du coté du bronze, j’ai rencontré le feu qui transforme, celui qui brûle et qui transmute. Le bronze c’est avant tout une matrice, du plâtre, de la cire du plâtre à nouveau et le feu. La richesse de l’absence qui permet à la forme d’exister, la disparition de la cire devient un vide qui accueille le bronze. La disparition comme possible de création.

Je me suis penchée sur cette histoire de matrice, le moulage m’a passionné, j’ai appris dans cette fonderie, et puis je suis allé chercher plus aux ateliers de moulage du Louvre au trocadero à l’époque. Cette étape était celle de la pensée à l’envers, penser la forme par sa contre-forme, échafauder tout un monde abstrait autour d’une forme pour lui donner corps à nouveau. Faire un moulage est vraiment complexe, ça obéit à des lois très simples qu’il faut respecter scrupuleusement, comme un mille feuille une étape est la base de celle qui suit, mal exécutée elle fait écrouler l’édifice. Voilà comment le moulage à construit ma pensée, l’a clarifiée. quand une étape est difficile à vivre dans mon quotidien je re-décompose les éléments en toute petites étapes et je vois comment elle va forger la suite des événements.

Alors après le moulage je suis allé clarifier ma pensée, j’ai travaillé pour un collectionneur d’art pendant 4 ans pour faire l’inventaire de deux immeubles remplis de la cave au grenier. Pendant ce temps je triais, rangeais, classait et apportais de la clarté. Je me confronté à la créativité des autres de façon massive. Toutes ces images accumulées ça voulait dire quoi? Une compulsivité? Une boulimie? Sûrement aussi, mais c’est aussi une matérialisation du vivant, une pérennité de ce qui est éphémère. Quand on est artiste, on traduit en matière le vivant, c’est à dire qu’on concrétise de façon pérenne l’état tellement subtile et éthéré qu’est l’émotion. En rangeant mes pensées aussi folles et multiples que ces images à décrire et classer, je me suis aperçue que ce que nous disons est important, il y a peut être de l’orgueil à cela, mais surtout il y a l’espoir fou d’attraper une émotion, de pérenniser une sensation, parfois je pense que c’est la peur de mourir qui initie cela, et souvent je pense que c’est de la poésie absolue.

Ensuite, j’ai voulu jouer, m’amuser avec tout cela, alors j’ai travaillé dans le cinema, comme sculpteur et comme peintre. Ca m’a amusé et plu énormément, mais ça m’a effrayé ce gâchis de matière, « j’ai manifesté mon idée maintenant ça peut partir à la poubelle ». Quel est le gâchis fait de la matière!… et pourtant c’est l’esprit qui se manifeste! Le cinema c’est comme la musique avec la matière en plus. A cette époque je me suis empoisonnée, j’ai fait tellement de résine que mon corps en est complètement pollué, et le monde aussi se pollue de toute cette résine… bref jouer à manifester les sentiments est grisant et parfois dangereux.

Je voulais donc continuer d’expérimenter alors je suis allée à l’Opéra de Paris. « Ma maison », j’ai tellement aimé travailler là bas. D’abord au décors puis aux costumes (après un intermède dans un studio de dessin animé). La sculpture encore et toujours. C’était complet, on avait les moyens et le temps de bien travailler, voilà ce qu’on nous demande à l’opéra: surtout donner le meilleurs de soi. J’ai adoré ces moments, notamment durant les couturières. On a pu travailler du mieux que l’on pouvait, perdu au milieu de 2000 autres personnes qui ont donné aussi de leur mieux : qu’est-ce alors que notre travail? Si à la lumière on n’éclaire pas le bout de décors sur lequel on a passé 3 mois, à quoi ça sert  de l’avoir fait?  Qui sommes-nous même quand on fait de notre mieux, à quoi cela sert s’il n’y a pas l’autre? L’opéra c’était soi dans l’équipe, la petite goutte sans qui l’océan ne serait pas ce qu’il est, mais qui existerait quand même sans nous. Et cela n’a d’importance que pour soi.

Maintenant « j’enseigne » c’est à dire que je suis en situation de donner à d’autre ou de faire partager la somme de ce que j’ai expérimenté jusqu’à présent . Mais surtout maintenant je travaille pour moi, je fais des sculptures en fonction de mes idéaux. Ce sont mes propres émotions que j’explore, je n’exécute plus une sculpture d’un autre, je ne reproduis plus la traduction des émotions d’un autre. Je me donne enfin le droit d’explorer les miennes de les regarder plus en face, et d’essayer de les présenter aux autres. Voilà ce nouveau volet que je partage avec vous maintenant.

19 aout 15

france 3 centre

Capture d’écran 2013-01-21 à 09.11.16cliquer sur ce lien au dessus pour voir le reportage:  http://centre.france3.fr/l-agenda-culturel?page=1

Publicités

1 commentaire

  1. Magnifique, Virginie ! Tu as un univers qui t’est propre, touchant et talentueux. Un jour ton oeuvre multiple, expressive, sera reconnue comme il se doit ! Je t’embrasse, Danielle

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s