La boîte ouverte (mais qui se ferme aussi) contient un oeuf en pierre ressemblant au bronze (je ne me souviens plus de son nom… Qui était là en premier, l’oeuf ou la poule, pour moi c’est l’oeuf, la cellule, l’origine. Principe de fécondité, germe primitif. C’est aussi la représentation du monde ovoïde du chantre Orphée, l’oeuf modelé sur un tour de potier par le démiurge Khnoum  d’où sortira le genre humain. Des documents très fournis sont à découvrir sur Ogdoade.

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L’oeuf que je mets en scène est en lévitation, ce qui le rapproche de l’idée de Cosmogonie  (de kosmos, monde, et guignomai, naître), l’origine du monde est évoquée ici. Les versions cosmogoniques reliées à l’oeuf cosmique sont incarnées par Pan Gu en Chine, Partholon chez les Celtes, Puruska en Inde, Nommo au Mali.

Ladies' headdresses reached ridiculous heights in the latter half of the 1700s. A satire of the period says "Attempting to defraud the Paris Customs-house". She has everything AND the kitchen sink in this coiffure!.jpg

Au dessus de sa tête, dans sa chevelure, comme à l’époque de Marie-Antoinette (à qui l’on coupa la tête), il y a une barque. J’utilise toujours la même imagerie de barque, on la retrouve dans la main de ma Bucrane, dans l’histoire de la petite barque, et seule aussi. On trouve un descriptif assez croustillant de ces coiffures inouïes sur ce site d’une fan de couture.

 

 

La barca de san PieroL’oeuf et la barque ensemble on une belle légende : la barque de saint pierre qui est une coutume italienne se pratiquant dans la nuit du 28 au 29 juin. St Pierre aurait navigué dans cette barque pour aller libérer sa mère des enfers et l’accompagner au ciel. les orages éclatant cette nuit là étaient es manifestations de la mère de St pierre qui se libérait de l’enfer. Cette nuit là on verse du blanc d’oeuf dans un récipient d’eau -transparent bien sur – et dans la nuit des filaments se forment comme les voiles d’un navire. Ces informations sont encore plu fournies sur le site dont je parle plus haut, où il y a notament ce petit refrain:

« L’è vero, l’è vero l’è rivà San Piero.

L’è vero, l’è vero l’è rivà la barca de San Piero »

(« C’est vrai, c’est vrai, saint Pierre est arrivé ; c’est vrai, c’est vrai, la barque de saint Pierre est arrivée », en vénitien dans le texte)

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La boîte, elle est une symbolique de la la caverne elle accueille l’oeuf. La caverne est le lieu où se passe les choses secrètes reservées aux initiées. Elle est le lieu de l’obscurantisme combattu dans l’allegorie de la caverne de platon. Il y a sur miseentrentaine une expérience contemporaine vécue autour de cette allégorie.

 

La mer qui est évoquée ici, associée à la mère, renvoi aussi au liquide amniotique, on en revient à l’oeuf. La mer et la mère évoque forcement la lune. Les marées cette force d’attraction planétaire, ce mouvement d’attirance et répulsion, inlassable, rythmant la vie des mères et de leurs filles. J’ai beaucoup développé ce thème dans des séries d’histoires que je nomme « mères et filles », avec des histoires comme « la place« , des sculptures comme « la valise » et bien d’autres encore.

Si l’on associe l’oeuf avec la caverne, on est forcé de parler de dragon. Mais on peut aussi parler d’ovaires. Là peut être fait le lien avec ma sculpture Usteria.

Les yeux sont remplis de larmes et un verse une larme. Il y a là l’idée d’une libération, on connait leur pouvoir cathartique, c’est le calme après la tempête. Dans son récent livre, Crying, the Natural and Cultural History of Tears (Norton, 1999), Tom Lutz explore le thème de la larme cathartique.

Petit autoportrait en porcelaine, un buste de femme versant une larme et pourtant dans sa coiffure une barque, est posé sur une boîte contenant un oeuf en lévitation. Le visage est tourné vers le haut, il n’y a pas de lamentation ici. L’oeuf en lévitation pose aussi les choses sur un plan plus éthéré, un axe vertical, plus spirituel.

 

 

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Le jardinier est mort et ce sont des roses noires comme des asphodèles, qui se sont échappées de sa tête. Quel homme surprenant qui même dans la mort continue de semer la beauté. 52 roses noires pour un jardinier.

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vol-de-nuit-3 projeté sur le mien: le portrait de mon père, dans les serres du chapeau rouge. Il était jardinier, fou de botanique, j’ai adoré que cette projection se fasse dans ce lieu.

 

C’est en découvrant ce tableau si particulier de Pietro Longhi  de 1751, que j’ai découvert l’existence de ce masque vénitien que l’on nomme la « servante muette », connu aussi sous les noms de moretta, servatta muta, criada muta.

Exhibition of a Rhinoceros, by Pietro Longhi.jpg

La particularité de ce masque  exclusivement féminin, c’est qu’il imposait à celle qui le portait d’être dans un silence absolu si elle voulait conserver son anonymat. Un bouton est cousu au niveau de la bouche à l’intérieur du masque pour le tenir il faut donc serrer ce bouton entre les dents.

On dit aussi que ce masque était porté lors de visite à des nonnes. On dit aussi qu’il avait été inventé pour les domestiques afin de les empêcher de bavarder pendant leur travail. Mais en réalité c’était la maîtresse de maison qui s’en servait lorsque, déguisée en domestique, elle se rendait à des rendez-vous galants. La moretta l’obligeait à ne pas parler du fait de la nécessité de la retenir avec les dents, par conséquent elle ne risquait pas de se faire reconnaître par la voix.

Sur le site Olia i Klod on trouve cette explication : L’ovale de velours noir appelé moretta était exclusivement féminin. Ce masque était apprécié autant par les femmes de naissances aristocratiques que par celles de conditions modestes. Sa couleur noire exaltait le blond vénitien de leur chevelure. Il était particulièrement apprécié des hommes, et c’est dans un écrit de Giuseppe Boerio (Lendinara, 1754 – Venezia, 25 fevrier 1832) que nous en trouvons la raison : « La moretta est attachée à la figure en tenant en bouche un petit bouton qui se trouve à l’endroit où devrait être la bouche ».

_moretta

J’ai été très impressionnée par le coté d’effacement de la personnalité que confère ce masque. On y voit un grand trou noir au milieu du visage doublé de l’impossibilité de parler, il y a une violence certaine dans cette image.

La seule possibilité de communication reste celle de la gestuelle – ce qui est propre à tous les masque, mais elle est aussi dans les yeux qui restent le seul élément de « discours » avec l’autre. Grace à ses oreilles le porteur de masque est en état réceptif plus qu’actif.

Ma servante n’a que ses yeux et ses oreilles. Si je l’avais faite en pied je pense que je l’aurais faite nue, ou plutôt dénudée. Elle n’a pas d’élément distinctif pour que l’on puisse l’identifier. Cet autoportrait est plus un pied de nez (!) puisqu’il ne donne rien que l’envie de se dissimuler, ce qui est un peu le propos inverse d’un autoportrait…

 

Elle attire les homme à elle, les séduit, et les transforme en cochon. Ulysse a perdu 23 de ses amis ainsi.

photo jean de Guerlande

Une statue-menhir, grande pierre votive qui attire à elle irrémé-diablement des hommes qu’elle tranforme… Circé fille d’Helios et de l’Océanide, le socle bleu en témoigne. Son nom signifie oiseau de proie.Elle était capable de faire descendre les étoiles du ciel et de transformer des humains en animaux.

Dansl’Odyssée, Ulysse débarqua sur l’île Aeaea et envoya vingt trois compagnons à sa découverte ; elle les changea en pourceaux âgés de neuf ans, sauf Euryloque qui réussit à venir l’avertir. Ulysse viendra à leur secours, et un seul d’entre eux voudra rester cochon.